Le barbier de Séville, un opéra bonbon!


Avez-vous déjà été à l'opéra?
Si la réponse est non, Le Barbier de Séville qui joue actuellement à l'Opéra de Montréal est l'occasion rêvée!

L'opéra génère souvent quelques réticences. On imagine qu’on va s’y ennuyer, on craint la longueur de la représentation, le prix des billets, le côté quétaine, les sujets poussiéreux ou dramatique et l’aspect « hurlé » qui pourrait nous donner mal au crâne (avouez qu’au mot cantatrice vous pensez immédiatement à la Castafiore). Toutes ces craintes sont compréhensibles, mais proviennent plus d’une idée caricaturale que d’une véritable expérience vécue.

Même si vous n'êtes jamais allé à l'opéra de votre vie : c'est certain que vous aurez déjà entendu au moins une fois un passage de ce fameux opéra de Rossini. Je vous prie de me croire quand je vous affirme que Le Barbier de Séville est l'opéra-divertissement par excellence!



Séparée en deux actes, nous assistons à une histoire digne des plus grands rebondissements de série télé. Jugez un peu : Le comte Almaviva est amoureux de Rosina la jeune orpheline et il est prêt à tout pour la libérer de son vieux tuteur Bartholo qui souhaite l’épouser pour son argent. À court d'idées pour rencontrer la belle, il demande de l'aide à son ancien domestique, le barbier Figaro, qui est aussi malin que gredin. Infiltrant la maison grâce à divers déguisements, il parviendra à atteindre Rosina non sans passer par un nombre de péripéties comiques.
Chargé n’est-ce pas?! 
Sachant que tout cela se passe en italien, on remercie l’existence des surtitres qui nous permettent de ne rien manquer.

D'accord, les histoires d’opéra sont un peu quétaines et remplies de termes romantico-niais,  mais cette impression de voir une pièce « comme à l’époque » sans l'aide de la technique sonore est émouvante et la prouesse artistique est ahurissante.

La musique, jouée par un orchestre symphonique live accompagne les actions et émotions des personnages et nous embarque vraiment.

La puissance des voix donne la chair de poule. Lorsque les chanteurs poussent la note, on a la sensation de disparaître dans son siège, de les avoir dans le ventre et de respirer avec eux. Carol Garcia qui interprète Rosina a d'ailleurs une technique vocale incroyable et manie le trémolo avec talent.

Cet opéra est d’une facilité déconcertante et le résultat général est très très divertissant. L'Opéra de Montréal a même décidé d'ajouter une représentation supplémentaire.

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LE BARBIER DE SÉVILLE, opéra bouffe en deux actes, livret de Cesare Sterbini d'après la comédie Le Barbier de Séville, de Beaumarchais, musique de Gioachino Rossini (1816).
Salle Wilfrid-Pelletier, Place des Arts.
11, 13, 15 et 17 novembre, 19 h 30. Avec surtitres français et anglais.

Distribution :

Figaro - Étienne Dupuis (baryton)
Rosina, pupille de Don Bartolo - Carol Garcia (mezzo-soprano)
Don Bartolo, vieux médecin de Séville - Carlo Lepore (basse)
Le comte Almaviva, amoureux de Rosina - Bogdan Mihai (ténor)
Don Basilio, professeur de musique de Rosina - Paolo Pecchioli (basse)
Berta, servante de Bartolo - Alexandra Beley (mezzo-soprano)
Fiorello, serviteur d'Almaviva - Josh Whelan (baryton)
Un officier de police - Dylan Wright (basse)
Ambrogio, serviteur de Bartolo - Benoît Le Blanc (baryton)

Mise en scène : Oriol Tomas
Décors : Robert Prévost et Guy Neveu
Costumes : Robert Prévost et Joyce Gauthier
Éclairages : Anne-Catherine Simard-Deraspe
Choeur de l'Opéra de Montréal (dir. Claude Webster) et Orchestre Métropolitain Direction musicale : Christoph Campestrini